En avant-goût de nos réjouissances, ce poème de Jules Supervielle, né à Montevideo (Uruguay) en 1884, mort à Paris en 1960. L'escale portugaise L'escale fait sécher ses blancheurs aux terrasses Où le vent s'évertue, Les maisons roses au soleil qui les enlace Sentent l’algue et la rue. Les femmes de la mer, des paniers de poissons Irisés sur la tête, Exposent au soleil bruyant de la saison La sous-marine fête. Le feuillage strident a débordé le vert Sous la crue de lumière, Les roses prisonnières Ont fait irruption par les grilles de fer. Le plaisir matinal des boutiques ouvertes Au maritime été Et des fenêtres vertes Qui se livrent au ciel, les volets écartés, S'écoule vers la Place où stagnent les passants Jusqu'à ce que soit ronde L'ombre des orangers qui simule un cadran Où le doux midi grogne. Jules Supervielle, Débarcadères (1922) Je me demande bien de quelle escale il s'agit. Un port, oui,...